Dimanche 22 juin 2008


Jean est parti paisiblement à 89 ans.

Lui qui a vécu toute sa vie près de la mer à la pointe de Bretagne, il était comme un phare qui éclaire dans la nuit et qui aide à trouver sa route au milieu des récifs.

Le phare s’est éteint.

Quand je suis venu poser mes valises pas très loin de chez lui, je ne connaissais personne aux alentours. Dès le lendemain du déménagement, Jean est venu frapper à la porte pour souhaiter la bienvenue. C’est un geste à la fois très simple et très rare.

Par la suite, j’ai appris à connaître ce voisin d’un âge respectable et j’ai découvert un personnage tranquille et discret, mais peu ordinaire. Il a passé l’essentiel de sa vie à travailler la terre dans la ferme voisine. Mais il cultivait également une profonde humanité.

Après sa journée de travail, il allait à la rencontre de personnes qui souffraient d’alcoolisme. Il passait des heures à les écouter, à leur parler pour les aider à trouver le chemin de la guérison. Il se rendait également à la prison de Brest pour rendre visite aux détenus. Ecouter encore et encore, et, à leur sortie, les aider à retrouver une place dans la société, à retrouver leur dignité.

Lui, le paysan sans diplôme, avait une intelligence essentielle et particulièrement vive, l’intelligence du cœur.

Merci pout tout Jean.

par Noël
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Samedi 7 juin 2008



En ce printemps humide, la végétation s’en donne à cœur joie. Tout pousse très vite, les pelouses, les haies, l’herbe sur les talus… Et les jardiniers du dimanche s’empressent de sortir leurs engins motorisés pour domestiquer cette vie foisonnante. Au moindre rayon de soleil, c’est le bal des tondeuses, des débroussailleuses, des coupe-bordures. Gare au brin d’herbe qui dépasse ou qui pousse de travers ! La pelouse ne doit pas dépasser les quelques centimètres réglementaires et son vert doit être bien uniforme. Alors, pas question de lésiner sur les décibels, les gaz d’échappement et les désherbants. Le jardin doit être « propre » et la nature n’a qu’à bien se tenir !


Pauvre nature ! Qu’a-t-elle fait pour mériter un tel traitement ? Je sacrifie, je l’avoue, à la tonte régulière. Mais le moins souvent possible. Et puis, comme d’année en année le potager et les parterres de fleurs grignotent sur la pelouse, la durée du supplice tend à diminuer. Je ne sais pas d’ailleurs si on peut encore parler de pelouse tant il y a de pâquerettes et d’herbes sauvages. De la même façon, je laisse la haie tranquille le plus longtemps possible. Les jeunes oiseux qui y nichent ont ainsi le temps de devenir vigoureux bien à l’abri des prédateurs. Quant au talus, ma bonne vieille faucille fait amplement l’affaire. Pas de bruit, pas d’essence, pas de vidange ni de graissage. Il suffit simplement de passer  à intervalles réguliers la pierre à affûter sur le fil de la lame.


Certains passants ou certains voisins doivent parfois se demander si je ne suis pas un peu dérangé. D’où sort-il cet énergumène avec son vélo, sa faucille et son chapeau de paille ? Alors que la mode est au 4x4, à la débroussailleuse et au casque sur les oreilles.


Peu m’importe. Quand tout le monde a ramassé son matériel, je continue à m’activer avec mes outils d’une autre époque. Un petit rouge-gorge sautille tout près pour inspecter mon travail. Les merles et les grives passent après moi pour vérifier que je n’ai rien oublié. Le vent balance doucement les feuilles des arbres. Je m’assois sur l’herbe et je contemple ce spectacle.


Car en plus d’avoir un siècle de retard sur l’outillage, je ne regarde même pas le match à la télé !


par Noël
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Lundi 26 mai 2008



Pour illustrer cette photo, voici un texte  que je vous invite à découvrir.
Il est extrait du dernier livre de mon copain Jacques.

"
Connaissez-vous la merveilleuse chapelle romane perchée sur le rocher volcanique St Michel l’Aiguilhe au Puy en Velais ?

Quand j’ai pénétré pour la première fois à l’intérieur, je me suis retrouvé dans un espace curieux, véritable énigme architecturale. J’étais dans une sorte de nef-déambulatoire de forme elliptique, tout à fait asymétrique par rapport au chœur. En effet, au lieu d’être alignés dans la perspective de l’autel, les colonnes sur lesquelles reposent les travées sont déportées par rapport à l’axe central. Pourtant cette construction tout à fait inhabituelle et hors des canons classiques me semblait très harmonieuse : non seulement elle ne jurait ni ne détonnait mais je m’y sentais parfaitement bien. La paix qui se dégage de cet endroit silencieux, baignant dans une demi-pénombre, l’impression de liberté qui émane du jeu des fines colonnes disposées sans ordre apparent, enfin la sobre beauté qui ressort de l’alliance du chœur primitif de forme carrée avec l’étrange édifice aux contours originaux et insolites, tout cela me donnait envie de demeurer un moment dans ce lieu magique et de me laisser imprégner par son mystère. Je me suis assis sur le banc de pierre qui court le long du mur, au fond de la chapelle et j’ai regardé. Inévitablement remontait en moi la question restée sans réponse : pourquoi l’architecte avait-il construit la nef d’une manière aussi surprenante ? Etait-ce par pure fantaisie ou bien voulait-il exprimer un message et si oui lequel ?

J’en étais là de mes investigations quand la jeune guide, absente à mon arrivée, me proposa ses services. Je lui posai ma question. Elle sourit et, en bonne pédagogue, m’invita à la suivre afin que je comprenne. Nous sommes sortis et avons fait le tour de l’édifice qui épouse exactement la configuration du terrain au sommet de l’aiguille. J’avais soudain la réponse. Ce n’était pas par fantaisie ni pour délivrer un message particulier que l’architecte du XIIème siècle avait conçu les plans inédits de la nef mais par pure nécessité. Obligé de construire sur un espace infiniment petit et asymétrique, il s’était adapté, et cette asymétrie l’avait conduit à inventer la petite merveille que nous connaissons. En cela a résidé son génie :  d’avoir tiré partie des limites incontournables qui lui étaient imposées pour créer une œuvre originale. Quelle audace, quel courage, quelle intelligence ! Il est possible qu’on l’ait dissuadé de se lancer dans cette entreprise si hasardeuse et incertaine, qu’on l’ait traité de fou et de prétentieux, qu’on l’ait critiqué de ne pas être copie conforme et de prendre des libertés vis-à-vis des normes en vigueur, qu’il ait lui-même douté de la valeur de son projet et de sa faisabilité. Mais au bout du compte, il n’a pas renoncé, il ne s’est pas découragé et il a fait surgir, de cet étroit espace de terre et de pierre, le chef-d’œuvre qui depuis huit siècles enchante tant de visiteurs !

Je me suis attardé encore quelques instants au fond de la chapelle, silencieux, regardant d’un air émerveillé le beau travail que l’architecte anonyme avait osé risquer sur une base aussi inconfortable. Et soudain, j’ai pensé que son œuvre était une belle parabole de la manière dont chaque humain est appelé à construire sa vie. En effet la terre originelle sur laquelle nous avons à la bâtir nous est aussi imposée. Nous l’héritons de notre milieu familial, social, culturel, éducatif… Cet héritage est ce qu’il est, incontournable, comme le sommet du rocher de l’Aiguilhe, avec ses limites, son exiguïté, ses failles, ses contours irréguliers et parfois tourmentés. Et pourtant c’est sur cet espace restreint que nous avons à édifier l’œuvre de notre existence. L’entreprise est redoutable, car chacun est renvoyé à sa propre responsabilité qui commence par reconnaître et accepter ses propres fondations. Elle est aussi périlleuse, car l’œuvre à construire ne peut être que singulière, originale, solitaire, même si les lois fondamentales de toute construction humaine, qui se veut solide, sont identiques pour tous. A se contenter de reproduire purement et simplement le modèle des autres, par peur ou par conformisme, le résultat ne peut être que l’insignifiance.

Mais n’est-ce pas en affrontant ces risques inévitables que chacun peut, à longueur de vie, édifier le chef-d’œuvre de son existence ? Peu importe qu’il n’ait pas des allures spectaculaires, peu importe qu’il ne ressemble pas aux modèles en vogue, peu importe que ses murs soient de travers, qu’il porte des traces d’écroulements et de reconstructions, qu’il emprunte ses matériaux, ses techniques et son style à diverses écoles ! L’essentiel n’est-il pas qu’il existe, si modeste soit-il, qu’il ne cesse de se construire et que son auteur ait du goût à l’habiter, sans prétention et sans complexe ! Bien entendu, jusqu’à notre dernier souffle, le chantier sera ouvert et nous mourrons en laissant la construction inachevée. Mais après tout, ce qui est demandé à chacun, dans le temps plus ou moins long qui lui est imparti, ne serait-ce pas d’avoir la même audace que l’architecte de la chapelle St Michel l’Aiguilhe pour édifier, dans sa propre histoire singulière, la merveille que personne ne pourra réaliser à sa place : construire l’humain en soi ?"

 

Jacques Musset  -  Extrait du livre "Les chemins de la naissance à soi-même"




par Noël
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Vendredi 9 mai 2008



Dans mon Anjou natal, chaque village ou presque possède son château, et même parfois plusieurs. Bien sûr ce n’est pas Chambord à chaque fois, certains sont même très modestes.

Il n’y a pas si longtemps, ces belles demeures étaient la propriété de familles fortunées, souvent aristocrates, qui possédaient également une bonne partie des terres et des fermes du village. Les recettes des loyers, de l’exploitation de ces terres et de ces fermes constituaient des revenus importants qui permettaient à ces riches propriétaires de vivre confortablement.

Mon pays de mineurs d’ardoise ne faisait pas exception à la règle. Le village était principalement constitué d‘une cité ouvrière entourée de terres agricoles. La plupart des maisons de la cité étaient la propriété de la compagnie qui exploitait la mine et qui les louait aux ardoisiers. Une partie des autres maisons, ainsi que les fermes, appartenaient à l’occupant du château. Le contraste entre la vie de cet aristocrate et celle des ouvriers et des paysans était immense. Deux mondes complètement différents se côtoyaient.

Et malgré cette différence, le baron propriétaire du château était apprécié des habitants du village. A notre époque où l’on parle beaucoup d’insécurité, de délinquance, où  les systèmes de surveillance et de protection se multiplient, cela peut paraître assez irréel mais ce châtelain laissait la population du village profiter librement du bois et du parc qui entouraient sa demeure. Les deux grands portails qui y donnaient accès étaient toujours ouverts. Pour nous les enfants, c’était notre principal terrain de jeux. Une grande prairie était équipée de buts pour jouer au foot. Elle était également utilisée pour la kermesse de l’école avant les vacances d’été. Dans le bois nous jouions au gendarme et au voleur, à Robin des bois… nous y construisions des cabanes. Et les dimanches après-midi nous allions fréquemment nous y promener avec nos parents. Cette attitude du baron lui valait en retour un respect spontané, et il ne serait venu à l’idée de personne de perturber sa tranquillité en s’approchant trop près du château, en encore moins de commettre des dégradations. Tout le monde vivait en harmonie.


Aujourd’hui Il n’y a plus de baron et il n’y a plus d’ardoisiers. La mine n’est plus exploitée, le château a été vendu et les portails sont fermés. Et le parc, devenu inaccessible, se dégrade car il n’est plus entretenu.

par Noël
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Dimanche 4 mai 2008



Il (ou elle) va rougir !

Pourquoi tu rougis ?

Qui n’a jamais été témoin d’une telle scène où une personne timide, souvent jeune, est livrée aux moqueries d’un groupe ? A chaque fois que cela arrive, je suis malheureux pour la personne victime de ce genre de sarcasmes.

Récemment une jeune collègue me confiait sa souffrance face à ce genre de situation. En la circonstance, elle est parfois ainsi la cible d’un supérieur hiérarchique et devant un groupe essentiellement masculin et constitué de cadres. Quelle lâcheté !

A l’école et à mes débuts dans la vie professionnelle, je rougissais ainsi facilement. Ceux qui ne connaissent pas ce genre de trouble ne peuvent comprendre à quel point on se sent parfois humilié.

Mais rougir est le signe d’une grande sensibilité. Ce n’est donc pas une tare, au contraire. Et les personnes qui rougissent valent souvent beaucoup mieux que ceux qui s’en amusent.

Avoir confiance en soi est certes une bonne chose. Mais être trop certain de sa valeur, se sentir supérieur aux autres conduit souvent à l’arrogance, voire au mépris.

Alors, vous qui rougissez, dites-vous que ce n’est pas un défaut, et donc que ce n’est pas un problème. Ignorez ceux qui en rient,  vous valez beaucoup mieux qu’eux. Et puisqu’elles traduisent une absence d’indifférence, sachez qu’il y a des gens qui voient dans ces joues empourprées une marque de générosité.


par Noël
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Vendredi 18 avril 2008



"Haïr, c'est encore dépendre et j'ai, une fois
pour toutes, refusé, moi, d'être esclave"

Aimé Césaire
par Noël
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Vendredi 4 avril 2008



Neuf heures de train en un week-end, cela peut paraître long. Il faut donc s’occuper. Lire, dormir, lire à nouveau, somnoler, écrire…


Et puis, il existe une autre occupation qui peut s’avérer passionnante : regarder par la fenêtre. Sur un long trajet, les paysages sont variés. Une constante cependant : en ce début de printemps, la terre est gorgée d’eau et les champs sont parsemés de nombreuses flaques. Les cours d’eau sont bien remplis, parfois même ils sortent de leur lit. Lorsque les rayons du soleil chaufferont le sol, la végétation pourra profiter de cette eau nourricière pour se développer et se parer de couleurs chatoyantes.


Tous ces tableaux qui défilent sous mes yeux sont marqués par la main de l’homme. On y découvre le meilleur et le pire.


Aux abords des villes, on traverse des zones industrielles avec leurs multitudes de hangars métalliques, des parkings remplis de camions. Puis, à proximité des gares, les voies de chemin de fer se multiplient en un enchevêtrement de rails, séparés par des cailloux noircis, entourés par des bâtiments de béton gris. L’esthétique et la poésie sont manifestement absentes du souci de l’homme dans ces endroits. On devrait  cependant pouvoir éviter la laideur et le mauvais goût, comme cette enseigne en grandes lettres rouges « Café de l’abattoir »…De quoi couper la soif !


A l’opposé, il y a ces paysages de bocage. Des prairies, des parcelles cultivées de petites dimensions, bordées de talus où poussent des arbustes. Ça et là des bosquets, des bois peuplés d’arbres variés. Des ruisseaux, parfois des rivières, irriguent la terre. Lorsque la région devient vallonnée, le relief donne à ces paysages une troisième dimension qui les rend encore plus beaux. Je pense alors à ces générations de paysans qui ont façonnés ces talus et ces champs, qui ont planté ces arbres, et nous les ont laissés en héritage. Il était complètement naturel pour ces hommes et ces femmes de transmettre à ceux qui les suivraient une terre entretenue avec une nature respectée et où il ferait bon vivre.


Puissions-nous nous inspirer de leur exemple.


par Noël
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Jeudi 27 mars 2008


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Les circonstances actuelles font que je ressens fréquemment le besoin de me retourner et de regarder derrière moi, de fouiller dans ma mémoire, particulièrement dans mes souvenirs d'enfance.
C'était en effet le temps du bonheur. Et avec le recul je mesure la chance extraordinaire que j'ai eue d'avoir de tels parents.
Sur cette photo je suis dans les bras de ma mère tandis que ma soeur est debout devant mon père.
C'était un jour de lessive, c'est-à-dire une journée de travail bien remplie. Il n'était pas question en effet de lave-linge. Il fallait faire chauffer l'eau au feu de bois, dans une sorte de très grande marmite, y mettre le linge, puis le frotter avec du savon avant de le rincer.  A l'époque de la photo, il fallait en plus aller chercher l'eau au puits.
Ce n'est pourtant pas si lointain, mais le village où je suis né n'était pas bien riche.
Est-ce cette absence de richesse matérielle qui favorisait cette autre richesse, celle d'une très grande humanité, cette richesse de l'amour véritable ? Je ne saurais l'affirmer, mais je suis de plus en plus convaincu que la simplicité assumée est une source de bonheur.
par Noël
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Samedi 15 mars 2008

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Aujourd’hui la plupart des enfants vont et rentrent de l’école accompagnés par leurs parents, souvent en voiture, ou bien seuls en transports en commun lorsqu’ils ont grandi suffisamment.

Mes allers retours à l’école primaire étaient différents. La distance d’environ un kilomètre était parcourue à pied, avec ma sœur puis avec quelques camarades qui habitaient le long du chemin. Dès la fin de la maternelle nos parents cessaient de nous accompagner. Il faut dire que dans le village la circulation automobile était très restreinte.

Ces trajets étaient pour nous des moments de liberté, sans la surveillance de nos parents ni celle des  instituteurs. Mais il ne nous serait pas venu à l’esprit d’abuser de cette liberté, sans doute un peu par crainte d’éventuelles punitions,  mais surtout parce que les adultes nous avaient enseignés quelques règles simples qui nous paraissaient naturelles. Cela n’empêchait pas les fantaisies et même à l’occasion quelques jeux stupides.

Je me souviens ainsi qu’un soir, sur la route du retour, j’entrepris de poursuivre mon chemin les yeux fermés. D’où m’était venue cette idée saugrenue ? Du désir de faire le pitre devant les copains ? D’un défi ? D’une passion soudaine pour l’expérimentation scientifique ? Je ne me souviens plus. Par contre le choc de mon genou contre le mur d’une maison est encore bien présent dans ma mémoire. Sous la déchirure du pantalon, le sang coulait abondamment. Aujourd’hui cela se terminerait avec plusieurs points de suture. Mais arrivé à la maison un vieux linge stérilisé à l’eau bouillante fit l’affaire, le plus grave dans cette histoire étant ce pantalon presque neuf et déjà déchiré. Je garde de cet épisode une cicatrice encore bien visible.

Je refusai de rester sur un échec et je tentai à nouveau l’expérience quelque temps plus tard, mais en courant et sur le trajet aller. Cette fois l’aventure  se termina dans un fossé rempli de ronces. Après un bref retour à la maison, j’arrivai en retard à l’école, tel un héros ayant affronté les pires dangers, les bras et les jambes décorés d’une multitude d’égratignures. J'avais bien entendu changé de vêtements, les autres ayant été confiés à ma mère qui avait désormais un solide savoir-faire en matière de raccommodage.

N’ayant pu explorer totalement cette voie originale, c’est à regret que je décidai d’arrêter l’étude de la marche et de la course à pied les yeux fermés. Mais mon enthousiasme était intact, la vie était belle et il y avait tant de nouvelles expériences à tenter, tant d’autres découvertes  qui m’attendaient.

par Noël
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Samedi 8 mars 2008

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Plusieurs articles de ce blog témoignent de mon désaccord avec nombre d’aspects de notre monde et de notre société. Autant je suis admiratif devant les merveilles de la nature ou face à des gens extraordinaires et exemplaires, autant je suis attristé par certains comportements et par certains évènements. Et je balance ainsi entre contemplation et dégoût, entre fascination et révolte, entre enthousiasme et consternation.

Je ne peux rester indifférent devant l’injustice, l’absence de respect, les atteintes à l’environnement. L’homme et la nature sont intimement liés et tout ce qui dégrade l’un est une offense à l’autre. Alors je m’efforce de ne pas rester passif, de m’investir dans des actions individuelles ou collectives. C’est souvent l’occasion de rencontres enrichissantes, de partages d’expériences et de réflexions.

Mais les travers de notre civilisation suscitent parfois la colère et les réactions agressives, lesquelles sont les portes d’entrée de la violence. Je refuse de suivre cette voie, quel que soit l’idéal à défendre, car elle conduit à son tour et inéluctablement à l’injustice et à l’irrespect.

Entre céder aux sirènes de la société individualiste et matérielle, ou bien y résister en se laissant emporter par l’agressivité et la violence collective, le chemin est étroit. Mais c’est le seul possible, celui de l’espérance.

Celle-ci vacille quelquefois. Le doute et le pessimisme, passagers clandestins de la lassitude ou de la mélancolie, sont en embuscade. L’évasion et le recul sont alors nécessaires. Une pause, le temps de se ressourcer, de refaire le plein d’énergie, dans la sérénité.

Et toujours et à tout prix refuser la haine et la violence.

par Noël
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Bonjour,

Ce blog a été imaginé comme un recueil d'anecdotes ordinaires, d'histoires d'aujourd'hui ou du passé, de moments fugitifs auxquels on ne prête pas toujours attention, et qui constituent pourtant des petits bonheurs simples du quotidien. 
On y trouvera également des textes inspirés par des rencontres, l'observation, la réflexion. Il s'agira quelquefois de paroles ou d'écrits empruntés à d'autres et pour lesquels bien entendu les auteurs seront cités.
Bienvenue aux visiteurs. Cette publication est sans aucune prétention et si sa lecture peut apporter un peu de détente, si telle histoire ou telle idée suscitent l'intérêt , alors j'en serai très heureux.

Noël

Présentation

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